« Hâte de découvrir les méthodes »

equipe froy bianchi

Damien Garcia (Team Differdange-Losch), 22 ans, a connu une première année chez les professionnels « en dents de scie, avec pas mal de galères« . Pour DirectVelo.com, il revient sur sa saison. Tout en évoquant 2015, qu’il effectuera au sein de la nouvelle équipe Continentale Norvégienne, Team Froy Oslo Project, avec laquelle il s’envole, ce lundi, pour un stage de quinze jours aux Canaries.

« Ça a évidemment été une année d’apprentissage. J’ai découvert de nouvelles courses, d’autres cultures du vélo, et plusieurs pays qui m’étaient inconnus. Tout a donc été nouveau pour moi. Même la malchance (rires) ! Je n’avais jamais vraiment eu de problème particulier en cinq ans de vélo, que ce soit une blessure ou une maladie. Mais là, on va dire que j’ai tout payé… J’étais assez satisfait de mon début de saison. Mais je suis rapidement tombé malade, sur la deuxième étape du Tour du Maroc. J’ai peut-être fait une erreur en voulant absolument le terminer. J’ai eu du mal à m’en remettre, j’étais à plat dans les semaines qui ont suivi. J’ai réussi à revenir à un niveau correct pour le Tour de Castille-et-Léon, en mai. C’était d’ailleurs un sacré chantier, où on n’a pas été énormément à l’arrivée. J’ai alors coupé, et repris début juin pour préparer le Championnat de France. Là, ça a été assez galère avec un problème mécanique et une crevaison en tout début de course. Et vu que nous ne sommes qu’une équipe continentale, nous n’avions pas de voiture d’assistance…

« DEGOUTE D’AVOIR LOUPE LE TOUR DE GUADELOUPE »

Je me suis alors concentré sur le Tour de Guadeloupe. C’était un objectif pour le Team Differdange-Losch, ainsi qu’à titre personnel puisque je suis licencié au VO2C Guadeloupe. Et que c’est là-bas que j’ai eu une bonne surprise l’an dernier. Mais la poisse était toujours là. Cette fois, elle a été administrative : le VO2C participant également à l’épreuve, les commissaires ont demandé, le vendredi, à l’UCI si je pouvais bien prendre le départ avec l’équipe luxembourgeoise. La réponse positive est arrivée le lundi. Or le Tour s’est élancé le samedi… donc sans moi. J’étais vraiment dégoûté de louper ces dix jours de course, « à domicile » ! J’ai quand même rapidement réussi à me remotiver, notamment pour le Championnat de France Espoirs. Mais quelques jours avant, je suis tombé en rentrant de l’entraînement… J’ai eu un épanchement de synovie. On m’avait dit qu’il fallait couper une quinzaine de jours pour s’en remettre. J’espérais donc pouvoir recourir avant la fin de saison, sur le Tour de Vendée et Paris-Bourges. Mais j’avais encore des douleurs, donc on a préféré ne pas prendre de risques. Je n’avais jamais terminé une saison aussi prématurément. Ça m’a fait bizarre, mais également du bien.

« J’AI PASSE UN PALIER PHYSIQUEMENT »

Même si Differdange-Losch est une petite équipe, je n’ai vraiment pas à me plaindre de mon année. Elle a été enrichissante, et j’ai pu apprendre pas mal de choses au contact de mes coéquipiers. Le programme de courses a été bon, puisque nous avons notamment participé à des manches de Coupe de France. J’ai trouvé qu’elles se courraient de façon décousue, un peu comme des Elites Nationales, même si ça roule évidemment plus vite (rires). Mais je n’en ai disputé que deux (la Classic Loire-Atlantique, et Cholet-Pays de Loire, NDLR), où nous avons eu, à chaque fois, des conditions climatiques difficiles, avec notamment de la grêle. Ce n’est donc peut-être qu’une impression. Par contre, je m’y sentais bien dans le peloton, j’étais dans le rythme. Il me manquait juste un peu de distance… Je retiens aussi beaucoup de choses positives. Je sens que j’ai passé un palier physiquement, notamment grâce aux courses en Belgique et aux Pays-Bas. Je garde aussi un très bon souvenir de ma première course, le Tour du Haut-Var. J’ai passé toutes les difficultés de la dernière étape dans le paquet, et je n’ai craqué qu’à vingt bornes de l’arrivée, alors qu’il y en avait plus de 200. Par contre, le premier jour, mon tout premier chez les pros, je regardais plus les autres coureurs que d’être concentré sur ma course (rires) ! Quand je suis sorti du Haut-Var, j’étais très optimiste, étant en bonne forme. Mais ça s’est ensuite gâté, comme je l’ai dit précédemment.

« MOYEN DE FAIRE DE BONNES CHOSES L’AN PROCHAIN »

Vu que j’ai fini tôt ma saison, j’ai pu reprendre la PPG (préparation physique générale, NDLR) dès début novembre, pour aborder 2015 le couteau entre les dents. Dans ma tête, c’était prévu de la faire avec Differdange-Losch. Ils ont été assez satisfaits de mon année. Mais ma sœur qui étudie en Norvège, a eu vent d’un nouveau projet d’équipe dans le pays. J’ai alors envoyé un CV sans trop y croire, et j’ai été contacté à la mi-novembre. C’est un nouveau défi personnel que je me lance. Plusieurs choses m’ont également séduit sportivement, comme le calendrier qui sera très international. Nous avons, par exemple, déjà reçu plusieurs invitations pour des épreuves en France. Mais surtout leur volonté de former les meilleurs coureurs scandinaves, sans être insensibles aux candidatures d’étrangers. Quand on sait que trois Norvégiens ont terminé dans les cinq premiers du dernier Championnat du Monde Espoirs, ça fait rêver. Il me tarde de découvrir leurs méthodes ! Je ne suis pas un champion, mais un minimum ambitieux. De plus, je pense qu’en étant sérieux à 100% et avec l’expérience acquise en 2014, il y aura moyen de faire de bonnes choses l’an prochain ! »