Damien Garcia, le globe-trotter du cyclisme français

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Véloracingnews : Présente-toi à nos lecteurs

Je suis né le 17/04/1992 à Orthez (64). J’habite à Pau et suis en couple.

Véloracingnews : Comment es-tu venu au vélo, quels ont été tes clubs successifs

J’ai débuté le cyclisme à l’âge de 16 ans après 9 ans de football. J’y suis venu tout simplement en regardant le Tour de France et par le biais de mon père qui roulait. J’ai été formé au Vélo Club Nayais jusqu’en juniors 2. Ensuite j’ai rejoint pour mes deux premières saisons espoir l’équipe espagnole de la fondation Euskadi,  Naturgas,  qui était à l’époque l’anti chambre de l’équipe Euskatel Euskadi. Pour ma 3ème saison espoir en 2013, je suis passé par le GSC Blagnac et le Vo2C en Guadeloupe, avant de rejoindre les pros en 2014.

 

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Véloracingnews : Parle-nous de tes premières victoires, ta progression, tes plus grands succès.

Dès ma première année de vélo , j’ai levé les bras plusieurs fois. Mon premier succès était sur une course cadets dans les landes, à St Martin-de-Seignanx un 14 juillet.

J’ai toujours suivi une progression constante en gravissant les échelons à mon rythme, à force de travail et persévérance. Mon succès le plus important sur le plan émotionnel remonte peut-être à ma première victoire en junior 1 sur une course nationale en Espagne , à Ibarra. Je tournais autours depuis un moment mais n’arrivais pas à conclure. Ce jour là je gagne en solitaire sous les yeux de ma famille, ma sœur et mon père qui avaient fait le déplacement . C’était une grande joie et un soulagement.

Véloracingnews : Explique-nous ton passage chez les pros, pourquoi une équipe allemande Stradalli-Bike Aid ?

Je suis passé professionnel en 2014 au sein du Team Differdange. J’avais rencontré le manager de l’équipe après une course en Guadeloupe durant l’été 2013. Je me souviens qu’il cherchait un coureur espoir pour la saison suivante et que tout est allé très vite. J’avais fait une saison correcte en 1ere catégorie mais sans plus jusqu’à l’été ayant privilégié mes études et l’obtention de mon DUT. Certes j’avais une grande marge de progression , mais j’étais loin de m’imaginer chez les pros à 21 ans car il y avait des coureurs bien meilleur que moi chez les amateurs. On m’a donc proposé ce contrat et j’ai saisi l’opportunité sans hésiter. En 2014, j’étais membre d’une équipe norvégienne Team Froy Oslo.

 

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Pour ce qui est de mon équipe allemande Stradalli Bike-Aid, c’est la première équipe à m’avoir contacté l’an passé. Le projet, programme de course et les conditions proposés étaient intéressantes pour poursuivre ma progression… Et puis le siège de l’équipe est frontalier donc je ne suis pas trop dépaysé (sourire).

 

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Véloracingnews : Quels sont tes meilleurs résultats chez les pros ?

Je n’ai toujours pas ouvert mon compteur de victoire mais espère que cela va se débloquer très vite (rires). Ma meilleure course, je dirai le Challenge de Majorque en 2015, qui marquait l’ouverture de la saison en Europe avec les grandes équipes du World Tour. Ce jour là je suis monté à quatre reprises sur le podium en remportant quatre classements secondaires ( montagne, sprints, combiné et combativité)  après une longue échappée.  Cela reste un bon souvenir car l’équipe était placée sur de bons rails pour le reste de la saison.

Véloracingnews : Comment t’entraînes-tu ? Nombre d’heures chaque semaine ?

Je roule en moyenne entre 20 et 25h par semaine (un peu plus lors des stages).Je privilégie avec mon entraîneur la qualité des entraînements avec pas mal de spécifique. Depuis 2015, on a augmenté les charges d’entraînement et cela s’en ressent positivement sur mes courses.

Véloracingnews : Quelles sont les plus belles courses que tu as disputées ?

Il y en a plusieurs ! Sur le plan sportif, je dirais la Ruta del sol Tour d’Andalousie en février dernier. Il y avait un gros niveau au départ avec 14 équipes World Tour. Ça roulait très vite évidemment mais j’ai pris plaisir sur cette épreuve. Sur le plan humain et exotique , j’ai bien apprécié le Tour de Taïwan en 2015.

Véloracingnews : Quelles sont tes tes qualités, où peux-tu progresser ?

Je suis un coureur qui passe bien les parcours usant et plutôt montagneux. On me retrouve très souvent à l’attaque et je n’hésite pas à me mettre à la planche pour les coéquipiers! Je ne suis pas un champion mais récupère plutôt bien sûr les courses à étapes et j’ai rarement de jour sans… Un vrai diesel (sourire).

Pour mes points faibles ou à améliorer, sans aucun doute le sprint (rire)…

Véloracingnews : As-tu des modèles y compris chez d’anciens coureurs ?

Sans forcément être un modèle, j’aime la façon de courir d’Alberto Contador. Il n’est jamais battu d’avance, toujours porté sur l’offensive ! Après pour son professionnalisme et son humilité , je dirai mon compagnon d’entraînement Matthieu Ladagnous. Il est pro depuis 11 ans et fait son boulot à 100%.

Véloracingnews : Quel est le bilan de ta saison 2016, et tes projets pour 2017 ?

Ma saison 2016 est relativement positive mais sans être exceptionnelle. Même si je n’avais pas couru depuis 4 semaines, j’espérais faire un peu mieux sur les Championnats de France à Vesoul mais il m’a manqué de caisse et d’expérience  pour tenir avec les meilleurs sur les 250 kilomètres proposés. Sur un tel parcours chacun est à sa place. C’est à l’image de ma saison, j’évolue à un niveau intéressant mais il me manque un petit déclic ou une victoire. Néanmoins 2016 n’est pas fini et j’espère bien conclure sur ces deux derniers mois. J’ai quand même gagné en force, régularité et montré que l’on peut compter sur moi dans une équipe.

Pour 2017, rien n’est signé à ce jour. Mon équipe est contente de moi et j’y suis bien également. Maintenant après trois saisons à l’étranger et si l’on m’en donne l’opportunité, je ne suis pas contre un retour dans une équipe française (sourire).

 

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Véloracingnews : Pour terminer, comme c’est la coutume, conte-nous une anecdote amusante

Cette année au mois de janvier, je suis monté en Allemage pour récupérer mon matériel et préparer le départ pour la Tropicale au Gabon, première course de notre saison… J’étais logé avec mon coéquipier érythréen Meron Thesome qui venait tout juste d’arriver en Europe… Grosse transition pour lui entre les 40 degrés de son pays et l’hiver allemand!! Bref, on part rouler pour essayer nos vélos le premier jour… Le manager nous avait laissé une boucle de trois heures à faire… On est parti avec des températures avoisinant les deux degrés mais un temps sec… Sauf qu’au bout d’une heure, une tempête de neige est arrivée… En 10 minutes on ne voyait plus les routes et mon coéquipier Meron n’arrivait plus à pédaler ni même parler… Un petit moment de panique avant de trouver finalement une petite station essence au milieu de nulle part… Nous avons réussi à joindre le manager tant bien que mal (car en allemand difficile de se faire comprendre) qui est venu nous récupérer ! Mon collègue Érythréen était littéralement congelé et quelque peu effrayé… Pour sa première journée en Europe, il a découvert la neige et a été mis dans le bain comme on dit… Il s’en souviendra (rires).

Source : www.veloracingnews.fr